Note professionnelle
Pour les orthophonistes et les logopèdes
Le parti pris qui vous concerne : aucun scoring automatique
La plupart des applications de ce genre reposent sur de la reconnaissance vocale. Sur les patients qui nous occupent, elle produit des faux négatifs en masse : imprécision consonantique, débit irrégulier, voix soufflée, modèle phonologique construit sur une audition fluctuante. L’enfant produit une cible correcte, le moteur la rejette, l’écran affiche une croix — et un enfant peu appétant se tait.
Mot à mot n’affiche donc jamais de verdict machine. Le micro enregistre, l’adulte réécoute le modèle puis la production, et cote en trois états. Une transcription automatique existe, mais elle reste côté parent, sous forme d’indice d’intelligibilité (« l’application a entendu : … »), invisible pour l’enfant et sans effet sur la progression.
Ce que l’outil fait
| Détail | |
|---|---|
| Boucle de travail | Écouter le modèle (vitesse 1× / 0,75× / 0,5×, lecture mot par mot possible) → voir la phrase en très grand avec un pictogramme → répéter et s’enregistrer → cotation adulte. |
| Cotation | Trois états : bien dit / à retravailler / pas encore. Acquisition à 3 réussites sur 3 jours distincts. « Pas encore » met la cible en pause 7 jours. Un statut est réversible d’un tap. |
| Séance | 5 à 8 items, composés automatiquement : de l’acquis pour l’amorçage, de l’en-cours, une nouveauté. Pas de chronomètre, pas de score visible, pas de série quotidienne. Interruption sans pénalité. |
| Gradation | Trois paliers en nombre de syllabes (≤ 4 / 5 à 8 / ≥ 9) plutôt qu’en nombre de mots, la charge de planification motrice étant le facteur limitant. Le parent fixe un plafond, qui filtre les séances sans rien retirer du programme. |
| Corpus | 2 143 phrases au total, 444 au programme, le reste en bibliothèque consultable et écoutable. 612 pictogrammes ARASAAC, 4 443 fichiers audio pré-générés. |
| Personnalisation | Le parent écrit ses propres phrases (prénoms, objets personnels), les enregistre avec sa voix, leur associe un pictogramme ou une photo, et choisit les catégories visibles par l’enfant. |
| Mode différé | En « solo », l’enfant travaille seul et ses essais s’empilent dans une file d’écoute que l’adulte cote plus tard. Une phrase jamais validée en présence d’un adulte n’entre pas en solo. |
Ce que l’outil ne fait pas
- Aucun bilan, aucun étalonnage, aucune norme. Rien qui puisse être lu comme une évaluation.
- Aucun travail analytique : ni praxies, ni discrimination phonémique, ni travail syllabique isolé, ni conscience phonologique. La cible est toujours l’énoncé fonctionnel entier.
- Aucune CAA. Les pictogrammes illustrent une phrase à produire ; ils ne composent pas de message.
- Aucun travail du langage écrit.
- Aucune adaptation automatique par apprentissage machine : le programme est ce que la famille — et vous — en faites.
- Aucune gamification : ni points, ni badges, ni séries, ni classement.
Le conseiller en fin de séance, en trois minutes
- Ouvrir l’application sur le téléphone du parent — il n’y a rien à installer ni à créer, l’adresse suffit. Proposez d’ajouter le raccourci à l’écran d’accueil dans la foulée.
- Choisir deux ou trois catégories, pas dix. L’enfant ne voit que celles que le parent laisse visibles, et trois tuiles valent mieux que dix.
- Fixer le plafond de syllabes au niveau où vous savez l’enfant à l’aise. Il se relève ensuite, et les phrases plus longues restent au programme en attendant.
- Désigner les cibles de la semaine : la bibliothèque se cherche par mots, et une phrase s’ajoute au programme d’un tap. Le texte est modifiable au moment de l’ajout si votre formulation diffère.
- Dire la consigne au parent, en une phrase : « dix minutes, cinq à huit phrases, tu écoutes et tu coches, tu ne corriges pas ». Le reste est dans l’application.
Ce que la famille peut vous rapporter
Un rapport d’une page, imprimable
L’historique par phrase
Les enregistrements
Les phrases que la famille a ajoutées
Données et confidentialité
- Les enregistrements de la voix de l’enfant sont écrits dans la mémoire du navigateur, sur l’appareil, et ne sont envoyés à aucun serveur — y compris si un compte est créé.
- Le compte est facultatif et ne sert qu’à retrouver la progression sur un deuxième appareil. Il synchronise les phrases et les statuts, jamais les voix.
- Ni publicité, ni mesure d’audience, ni bandeau de consentement.
- Un seul enfant par appareil ; il n’y a pas de compte praticien.
Ce qu’il vous manque, et que nous n’avons pas
Il n’existe pas d’espace professionnel, pas de tableau multi-patients, pas d’envoi de programme à distance. Ce n’est pas un oubli : l’outil est délibérément la propriété de la famille, sur ses appareils, et l’ajouter supposerait d’héberger des données d’enfants — ce que le projet a choisi de ne pas faire.
L’essayer avant de le conseiller
Rien ne remplace dix minutes passées dedans. L’application s’ouvre sans compte, le programme est déjà rempli, et le verrou parent est un appui long de deux secondes sur l’engrenage suivi d’un code à quatre chiffres.
Essayer ouvre l’application tout de suite, sans compte et sans rien installer.
Si une formulation vous fait tiquer, ou s’il manque une phrase que vous demandez toutes les semaines à vos patients, c’est exactement le retour qui manque à ce projet.
Questions fréquentes
Le corpus a-t-il été validé par un professionnel ?
Non, et c’est écrit partout dans l’application. Les phrases ont été écrites, graduées en syllabes et relues pour la langue, mais aucune orthophoniste ni logopède ne les a validées cliniquement. Le texte de chaque phrase est modifiable, et le programme de chaque enfant se compose à la main.
Puis-je faire retirer ou reformuler une phrase pour un patient ?
Oui, entièrement. Le parent peut modifier le texte d’une phrase, la sortir du programme sans perdre son historique, la mettre en pause, ou en écrire de nouvelles. Une phrase dont le texte est modifié perd son enregistrement d’origine et bascule sur la voix du parent ou sur la synthèse à la volée.
Y a-t-il un compte, des données de santé, un contrat à signer ?
Non. L’application fonctionne sans compte, hors ligne, et par défaut les enregistrements de la voix de l’enfant ne quittent pas l’appareil. Le compte est facultatif ; il synchronise la progression, et les voix seulement si le parent coche explicitement le partage — auquel cas elles vont dans un espace privé, sont effacées dès qu’il a coté, et au plus tard après le délai qu’il a fixé. Il n’y a ni publicité, ni mesure d’audience, ni tarif.
Est-ce que l’outil mesure quelque chose ?
Non, au sens clinique. Il consigne dans le temps le jugement d’un adulte qui écoute : trois états par essai, avec la date. C’est un journal, pas une évaluation. Les enregistrements conservés permettent en revanche de réécouter la même phrase à plusieurs semaines d’intervalle.